D’abord journaliste de métier, Lullie élabore depuis une dizaine d’années des scénographies et des textes pour des spectacles interactifs ou de rue, et des expositions-installations à thème.

Son axe de travail principal repose sur les mots : elle les sème à gogo, les cultive à contresens et les hybride en jardinière surréaliste, pour en tirer l’essence et les sens humoristiques. Mais elle détourne également des objets courants et manipule les images, dans l’optique d’un regard

décalé, voire critique, sur notre société.

 

Un intérêt passionné pour la nature, de la botanique à la défense de l’environnement, a conduit ses travaux sur les sentiers de l’exploration des jardins et de tous les éléments qui constituent ce domaine : modes paysagistes, marchandisation des végétaux, valeurs véhiculées, autant que l’horticulture stricto sensus, et son corollaire, la main à la pâte, ou pour mieux dire, les pieds dans la gadoue.

 

Ces recherches ont abouti à la conception et la création de plusieurs “jardins potentiels”, dans un courant de pensée propre à la ‘pataphysique (qui est la « science des solutions imaginaires »). Ainsi est né l'OuJaPo (Ouvroir de Jardinage Potentiel), dont Lullie est un des membres-fondateurs, et une disciple passionnée.

C'est dans cet environnement propice à l'apparition de nouvelles formes de jardinage que s'est développé l'urbotanique.

 

Son travail d'urbotaniste de ces dernières années l'a conduit des plus primitifs biotopes urbains de campagne jusque dans les murs tuyautés du Centre Georges Pompidou, toujours en quête de nouvelles espèces à découvrir et révéler au grand public.

Et vu la taille de l'univers, de nombreux champs d'exploration lui sont encore ouverts...

 

Que je me fasse bien comprendre : mon travail ne consiste pas à mettre en valeur les plantes et les bacs à fleurs, dans des mises en scène de pergolas, bancs demi-lune en pierre ou cascades de tubes en plexiglass...

En dehors de toute approche paysagère factuelle (Art Land compris), je jardine l’univers du jardin, ses concepts, ses modes, sa culture sous-tendue. J’interroge, j’interpelle sur le sens que notre société donne aujourd’hui à la Nature, à travers l’engouement pour le jardinage, l’environnement et l’écologie.

J’utilise le “jardin” comme mode d’exploration, d’investigation de la réalité, pour permettre un autre point de vue sur le sens et les absurdités de notre quotidien. » Lullie, à propos des jardinages potentiels.

 

 

Bibliographie

Carnet d'une Urbotaniste